Les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) continuent leur progression, confirmant la dynamique engagée depuis le début de l’année 2026.
Ainsi et selon l’Energy Research Unit de Washington, les volumes exportés ont atteint 938.000 tonnes en mars, en hausse de 41% par rapport aux 667.000 tonnes de février.
Une hausse notable
En effet, il s’agit du meilleur mois de l’année pour la filière GNL nationale, après un début d’année modeste marqué par 440.000 tonnes exportées en janvier. Sur l’ensemble du premier trimestre, la croissance est spectaculaire, avec une augmentation de 112% entre janvier et mars, traduisant une reprise nette des exportations après une phase de consolidation.
Ce rebond repose en grande partie sur l’augmentation de la capacité des terminaux méthaniers d’Arzew et de Skikda, véritables piliers logistiques de l’offre algérienne. Leur situation géographique, à l’extrémité occidentale du bassin méditerranéen, constitue un avantage concurrentiel de premier ordre.
Toutefois, comparé à mars 2025, où les exportations s’élevaient à 1,15 million de tonnes, les chiffres actuels restent en retrait de plus de 210.000 tonnes. Le contexte international joue également un rôle clé. L’escalade du conflit au Moyen-Orient a fragilisé les chaînes d’approvisionnement du GNL, notamment autour du détroit d’Ormuz, poussant les importateurs européens et asiatiques à chercher des alternatives sûres. Dans ce cadre, l’Algérie s’affirme comme un fournisseur fiable, offrant des cargaisons géographiquement sécurisées, dont Sonatrach cherche à tirer parti pour consolider sa présence sur le marché européen.
La France reprend la première place
Un changement notable se dégage des statistiques par destination : la France s’est hissée en tête des importateurs, avec 347.000 tonnes réceptionnées en mars, dépassant la Turquie, qui occupait ce rang depuis plusieurs mois. Pour la France, il s’agit de sa première place depuis août 2025, et d’une hausse de 18% par rapport aux 294.000 tonnes importées en mars 2025.
La Turquie, deuxième client historique, reste un débouché majeur avec 337.000 tonnes, mais enregistre un recul annuel de 31% (contre 492.000 tonnes en mars 2025), illustrant une diversification de ses sources d’approvisionnement. Le Royaume-Uni complète le podium avec 76.000 tonnes, en légère progression par rapport aux 61.000 tonnes de l’an dernier.
L’Espagne fait son retour sur la liste des importateurs avec 74.000 tonnes, malgré une chute de 59% par rapport à mars 2025, signalant une possible normalisation des relations commerciales. La Croatie, qui n’avait importé aucune cargaison en mars 2025, a réceptionné 71.500 tonnes, tandis que l’Italie a importé 33.000 tonnes, en baisse de 44% sur un an.
Au total, six pays européens ont importé du GNL algérien en mars 2026, soulignant la vocation méditerranéenne et continentale de l’offre nationale. Cette concentration géographique est à la fois un atout — grâce à la proximité et la réduction des coûts logistiques — et un défi, exposant les recettes d’exportation à la volatilité de la demande européenne.
Une dynamique à consolider
La performance du premier trimestre 2026 montre la capacité de l’Algérie à saisir les opportunités sur un marché mondial en recomposition. La prochaine étape consiste à transformer ce rebond conjoncturel en gains durables, notamment par la montée en puissance des capacités de liquéfaction, afin de répondre à une demande internationale appelée à rester soutenue.
