Après plusieurs mois de fortes tensions diplomatiques, les relations entre l’Algérie et la France semblent amorcer une phase de détente.
Ainsi, l’entretien téléphonique entre Ahmed Attaf et son homologue français Jean Noël Barrot, signe une reprise progressive des relations diplomatiques entre l’Algérie et l’Hexagone, et ce, après près de deux ans de turbulences.
Cette reprise du dialogue diplomatique, pourrait entraîner une autre, à savoir le retour de l’ambassadeur de France à Alger, M. Stéphane Romatet, qui faut-il le souligner, était déclaré par Alger comme étant « persona non-grata ».
Romatet « pardonné » par Tebboune?
En effet, selon plusieurs médias français, un retour prochain de l’ambassadeur de France à Alger serait désormais envisagé, une information qui circule sous forme de fuites mais qui a été reprise par différents titres de la presse hexagonale.
D’après ces sources, la question du retour de l’ambassadeur français, Stéphane Romatet, aurait été évoquée lors de la visite à Alger du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, effectuée les 16 et 17 février derniers.
Au cours de cette rencontre, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, aurait indiqué que le diplomate pourrait prochainement reprendre ses fonctions dans la capitale algérienne. Une perspective interprétée par certains observateurs comme un signe d’apaisement entre les deux pays.
Une crise diplomatique marquée en 2025
Pour mémoire, l’ambassadeur français avait quitté Alger en avril 2025, à la suite de la décision du président français Emmanuel Macron de le rappeler à Paris. Cette mesure s’inscrivait dans un contexte de crise diplomatique particulièrement marqué entre les deux capitales.
Plusieurs événements avaient alors contribué à détériorer le climat bilatéral. Parmi eux figurait l’affaire liée à un individu connu sous le pseudonyme « Amir DZ », mais aussi la décision d’Alger d’expulser douze agents diplomatiques français. En réponse, les autorités françaises avaient pris des mesures similaires, notamment en rappelant leur ambassadeur et en procédant à l’expulsion de diplomates algériens.
Grossière manipulation de France TV
Les tensions se sont également accentuées après la diffusion d’un reportage dans l’émission Complément d’enquête, diffusée sur la chaîne publique France 2. Ce programme avait suscité une vive réaction des autorités algériennes, qui y avaient vu des propos jugés offensants envers l’État algérien, ses institutions et ses symboles.
La participation de l’ambassadeur français à cette émission avait également été vivement critiquée. Certains médias algériens avaient même évoqué à l’époque le fait que le diplomate était devenu « persona non grata », estimant que ses interventions avaient contribué à attiser les tensions.
Des signes récents d’apaisement
Ces dernières semaines toutefois, plusieurs observateurs notent un climat moins tendu entre Alger et Paris, tant sur le plan médiatique que politique. Les critiques visant l’Algérie ou sa diaspora dans certains médias français semblent s’être atténuées, tandis que plusieurs gestes symboliques sont perçus comme des signes d’apaisement.
Parmi eux figure notamment la récente cérémonie de rupture du jeûne organisée à la Grande Mosquée de Paris durant le mois de Ramadan. L’événement a réuni plusieurs responsables français, dont le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, aux côtés de nombreuses personnalités.
Autre signe de rapprochement : l’entretien, ce dimanche, entre le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot et son homologue algérien Ahmed Attaf. Un entretien qui marque une étape importante dans la relance de la coopération bilatérale après des mois de tensions.
Le facteur énergétique dans le contexte international
Dans ce contexte, un éventuel retour de l’ambassadeur français à Alger pourrait constituer, selon certains analystes, une étape vers une reprise progressive du dialogue diplomatique entre les deux pays. Au-delà de la dimension bilatérale, plusieurs observateurs estiment également que l’évolution du contexte international renforce le rôle stratégique de l’Algérie, notamment dans le domaine énergétique.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les risques de perturbations sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz rappellent en effet l’importance des pays fournisseurs pour l’Europe.
Dans ce cadre, l’Algérie, déjà partenaire énergétique clé pour plusieurs pays européens, voit son poids stratégique se renforcer. Cette réalité pourrait encourager les différentes parties à privilégier une approche pragmatique afin de préserver des relations stables et constructives entre Alger et Paris.
