Pour propulser son commerce extérieur et moderniser ses infrastructures maritimes, l’Algérie mise sur l’expertise chinoise.
Ainsi, une nouvelle société mixte sino-algérienne va voir le jour pour piloter le nettoyage et le dragage de l’ensemble des ports du pays, un tournant stratégique attendu pour 2027.
Un partenariat sino-algérien stratégique pour l’économie maritime
L’Algérie s’apprête à lancer l’une des plus vastes opérations de modernisation de ses infrastructures portuaires depuis plusieurs décennies. Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a formellement ordonné la création d’une société algéro-chinoise spécialisée dans le nettoyage et l’entretien des ports nationaux.
Cette nouvelle entité commerciale débutera ses activités dès l’achèvement du projet d’extension du port d’Annaba, prévu pour le premier trimestre 2027. Ce partenariat scelle une alliance de taille pour adapter les capacités maritimes du pays aux nouvelles ambitions économiques de l’Algérie, notamment l’essor des exportations hors hydrocarbures.
Le dragage des ports : Un levier crucial pour les exportations de phosphate
Le lancement de cette entreprise mixte est directement lié à un projet industriel majeur : l’exportation du phosphate algérien. Le port d’Annaba s’apprête en effet à accueillir un nouveau quai minier, connecté directement au gisement de Bled El Hadba via une ligne ferroviaire modernisée.
Pourquoi le dragage est-il vital ?
Avec le temps, les sédiments s’accumulent au fond des bassins et des chenaux d’accès. Sans un dragage régulier, la baisse de la profondeur empêche l’accès des navires de fort tonnage, ce qui pénalise lourdement la compétitivité logistique du pays.
La future société algéro-chinoise aura pour mission de restaurer et de maintenir les profondeurs nécessaires pour garantir un trafic fluide et sécurisé des grands navires de commerce.
L’expertise de China Harbour Engineering Company (CHEC) au service de l’Algérie
Pour concrétiser cette ambition, l’État algérien s’associe à un géant mondial du secteur maritime. Un protocole d’accord a été signé entre le Groupement de travaux maritimes (GTM), entreprise publique algérienne, et la prestigieuse firme China Harbour Engineering Company (CHEC).
- Qui est la CHEC ? Filiale du groupe public China Communications Construction Company (CCCC), la CHEC est une référence internationale en génie maritime. Elle a déjà fait ses preuves à travers des mégaprojets en Afrique et en Asie (Nigeria, Djibouti, Sri Lanka, Pakistan).
- Leur mission en Algérie : Rétablir les profondeurs standards sur l’ensemble du littoral national, de Annaba à Ghazaouet, afin de maximiser la rentabilité économique des infrastructures.
Vers des ports algériens de nouvelle génération
En ciblant une gestion moderne et écologique de ses côtes, Alger ne cache pas ses ambitions : transformer ses infrastructures en ports intelligents, décarbonés et ultra-connectés aux réseaux ferroviaires et autoroutiers.
Alors que près de 95 % des échanges commerciaux de l’Algérie transitent par la mer, la maîtrise du dragage et de la maintenance portuaire s’impose comme le maillon fort de la transition économique du pays. En fixant le cap sur 2027, l’exécutif prépare activement l’Algérie à devenir un hub logistique incontournable entre l’Afrique et le reste du monde.
