Malgré la montée en puissance de nouveaux acteurs sur le marché énergétique européen, l’Algérie continue de s’imposer comme l’un des partenaires gaziers les plus importants de l’Espagne.
Ainsi, les dernières données publiées par l’Organisation des réserves stratégiques de produits pétroliers espagnole (Cores) montrent que le gaz algérien demeure un élément clé de la sécurité énergétique du royaume ibérique.
L’Algérie maintient sa place parmi les principaux fournisseurs de Madrid
En effet, depuis le début de l’année, l’Algérie figure parmi les deux principaux fournisseurs de gaz de l’Espagne aux côtés des États-Unis. Cette performance intervient dans un contexte marqué par une forte concurrence internationale et par la progression des exportations russes vers le marché espagnol. Selon les statistiques de Cores, la Russie a renforcé sa présence en Espagne au cours des quatre premiers mois de l’année.
Entre janvier et avril, les importations espagnoles de gaz russe ont atteint 22.973 gigawattheures (GWh), enregistrant une hausse de 31,8 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette progression permet à Moscou de se hisser au troisième rang des fournisseurs du pays.
Pour autant, cette évolution ne remet pas en cause la place stratégique de l’Algérie. Grâce à sa proximité géographique et aux infrastructures existantes, notamment les gazoducs reliant directement les deux rives de la Méditerranée, le pays conserve un avantage compétitif majeur dans l’approvisionnement du marché espagnol.
Les États-Unis restent en tête, mais leurs exportations reculent
Au mois d’avril, les États-Unis ont conservé leur statut de premier fournisseur de gaz de l’Espagne avec des livraisons de 10.071 GWh, représentant 35,1 % du volume total importé durant le mois. Toutefois, les exportations américaines vers l’Espagne ont reculé de 30,3 % par rapport à avril 2025. Sur l’ensemble des quatre premiers mois de l’année, les importations espagnoles de gaz américain se sont élevées à 46.472 GWh, soit une légère augmentation de 1 % en glissement annuel.
De son côté, la Russie a livré 4.394 GWh de gaz à l’Espagne durant le seul mois d’avril, ce qui représente 15,3 % des approvisionnements gaziers espagnols. Ce volume est quasiment identique à celui enregistré un an auparavant, avec une progression limitée à 0,1 %.
Ainsi, depuis le début de l’année, les ventes russes de gaz à l’Espagne ont progressé de près d’un tiers, et ce malgré les efforts engagés par l’Union européenne pour réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou depuis le déclenchement du conflit en Ukraine en 2022.
En avril, les États-Unis et la Russie ont assuré à eux seuls 50,4 % des importations gazières espagnoles. Cette situation illustre la diversification croissante des sources d’approvisionnement de Madrid, tout en soulignant l’importance du maintien de partenaires historiques comme l’Algérie.
Recul des importations gazières espagnoles en avril
Les données de Cores révèlent par ailleurs un recul global des importations espagnoles de gaz. En avril, celles-ci ont diminué de 12,8 % pour s’établir à 28.668 GWh. Parmi ces volumes, 38,2 % ont été acheminés par gazoduc, tandis que 61,8 % sont arrivés sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL).
Une fois les exportations déduites, les importations nettes de gaz de l’Espagne ont atteint 23.970 GWh, soit une baisse de 9,2 % par rapport à la même période de l’année précédente. Dans le détail, les volumes transportés par gazoduc ont progressé de 104 %, alors que les importations de GNL ont reculé de 29,2 %, même si elles continuent de représenter 66,2 % du total.
La France, première destination du gaz réexporté par l’Espagne
Parallèlement, les exportations espagnoles de gaz ont diminué de 27,4 % en avril pour s’établir à 4.698 GWh. La France demeure la première destination du gaz réexporté par l’Espagne, avec 51,8 % des volumes expédiés, devant l’Argentine qui en a absorbé 13,7 %.
Ces chiffres confirment le rôle central de l’Espagne dans les échanges énergétiques en Méditerranée et en Europe. Ils mettent également en lumière la place essentielle qu’occupe l’Algérie dans l’équation énergétique espagnole, grâce à la fiabilité de ses approvisionnements et à des infrastructures qui lui permettent de rester un partenaire incontournable face à une concurrence internationale de plus en plus intense.
