Une découverte particulièrement inquiétante a été signalée au Parc National du Djurdjura (PND), dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
Ainsi, des visiteurs ont retrouvé les carcasses de six singes magots, également appelés macaques de Barbarie, à une altitude de 2 305 mètres, au niveau du site d’Akourer.
Les carcasses récupérées pour analyse
En effet, aussitôt alertés, des responsables de cet organisme, sont rendus sur place pour constater les faits. Ils ont d’ailleurs salué le comportement responsable des visiteurs, qui ont choisi de ne pas diffuser les images sur les réseaux sociaux.
Les agents du parc, équipés pour intervenir en zone montagneuse, ont procédé à la récupération minutieuse des dépouilles afin de les soumettre à des analyses approfondies. Avant leur transfert vers le laboratoire de taxidermie, les restes des animaux ont été examinés par un vétérinaire. Selon les premières constatations, la mort des animaux serait relativement récente.

Le praticien a notamment relevé que la peau des singes était encore intacte et que la présence de chairs rougeâtres au niveau des membres confirmait cette hypothèse.
Les agents du PND ont également observé la présence de parasites liés à la décomposition, tandis que l’état avancé des corps laisse penser qu’une partie des viscères a été consommée par des prédateurs ou des rapaces.
La piste des conditions climatiques extrêmes privilégiée
D’après les premiers éléments recueillis, l’hypothèse la plus probable serait liée aux conditions climatiques extrêmes qui ont frappé le massif du Djurdjura durant plusieurs jours.
Les importantes chutes de neige enregistrées durant l’hiver ainsi qu’au début du printemps pourraient avoir piégé ces singes dans une zone difficile d’accès.
Parmi les scénarios envisagés figurent un ensevelissement sous la neige ou encore un emportement par une avalanche.
Malgré leur grande agilité et leur parfaite connaissance du terrain, les macaques auraient pu se retrouver bloqués par les monticules de neige formés sur les hauteurs. En revanche, selon plusieurs sources, la piste d’un empoisonnement semble peu probable à ce stade.
Une espèce protégée de plus en plus menacée
Cette découverte relance les inquiétudes autour de la situation du singe magot, une espèce protégée dont le nombre ne cesse de diminuer dans cette réserve naturelle.
Les responsables du parc rappellent régulièrement aux visiteurs qu’il est strictement déconseillé de nourrir ces animaux. Plusieurs cas de maladies, notamment le diabète, ont déjà été signalés chez certains individus, conséquence directe de comportements humains inadaptés. Il est également recommandé de ne pas trop s’en approcher, car ces singes peuvent devenir agressifs lorsqu’ils s’habituent à la présence humaine.
Incendies, manque de nourriture et pression humaine
Outre les conditions climatiques, d’autres facteurs menacent la survie de cette espèce dans le Djurdjura. Le manque de nourriture pousse parfois les singes à descendre vers les villages limitrophes du parc.
Les incendies de forêt survenus ces dernières années ont également détruit une partie importante de leur habitat naturel, accélérant davantage la disparition de cette espèce emblématique de la région. Les analyses en laboratoire devraient permettre de déterminer avec précision les causes exactes de cette mort collective.
