Sécurité énergétique, modernisation du réseau et transition solaire structurent la stratégie régionale. Ainsi, les centrales électriques fonctionnant au pétrole et au gaz demeurent la pierre angulaire du système énergétique arabe.
En effet et malgré l’essor accéléré des énergies renouvelables, elles continuent d’assurer la stabilité des réseaux et de répondre à une demande en constante progression, portée par la croissance démographique et le développement urbain.
Selon les données de la plateforme Global Energy Monitor, la capacité opérationnelle cumulée des dix premiers pays arabes atteint 336,6 gigawatts (GW) en janvier 2026, tandis que 136,66 GW supplémentaires sont en cours de développement.
Algérie : le gaz au cœur de la souveraineté énergétique
Cinquième au classement régional mais stratégique par son profil énergétique, l’Algérie dispose d’une capacité opérationnelle de26 326 mégawatts (MW), reposant quasi exclusivement sur le gaz naturel domestique.
Cette configuration confère au pays une relative sécurité d’approvisionnement, grâce à son statut de producteur et exportateur majeur de gaz.
Par ailleurs, 4 305 MW sont actuellement en développement, majoritairement en phase de construction. En parallèle, Alger accélère son virage vers le solaire, misant sur l’immense potentiel d’ensoleillement du Sahara afin de diversifier progressivement son mix énergétique et réduire la pression sur les centrales thermiques.
Arabie saoudite : leadership régional en capacité installée
L’Arabie saoudite conserve la première place en volume, avec 97 807 MW de capacité opérationnelle. Le Royaume développe également 31 385 MW supplémentaires.
Toutefois, dans le cadre de la Vision 2030, Riyad vise un mix électrique équilibré entre gaz naturel et renouvelables, avec un abandon progressif du pétrole dans la production d’électricité.
Égypte : puissance installée et ajustement stratégique
Deuxième au classement avec 54 218 MW, l’Égypte s’appuie sur les méga-centrales réalisées ces dernières années, notamment celles développées avec Siemens.
Malgré un excédent de production, le pays fait face à des tensions sur l’approvisionnement en gaz, ce qui limite les nouveaux projets thermiques (2 375 MW en développement) et encourage une orientation plus marquée vers les renouvelables.
Irak : la plus forte réserve de projets
Troisième en capacité opérationnelle (44 525 MW), l’Irak se distingue par le plus important volume de projets en développement, soit 49 815 MW. Bagdad mise sur des partenariats internationaux pour moderniser son réseau et réduire sa dépendance énergétique extérieure.
Émirats arabes unis : diversification maîtrisée
Avec 44 097 MW installés, les Émirats arabes unis combinent gaz naturel, énergie nucléaire et renouvelables. Le pays développe 10 000 MW supplémentaires tout en consolidant l’une des infrastructures électriques les plus fiables de la région.
Les autres acteurs du classement
- Koweït : 19 509 MW installés et 21 250 MW en développement, portés par une forte demande estivale.
- Libye : 14 627 MW, mais un secteur fragilisé par l’instabilité politique.
- Oman : 13 625 MW, avec une transition progressive vers le solaire et l’hydrogène vert.
- Qatar : 12 577 MW, soutenus par une intense activité industrielle.
- Bahreïn : 9 281 MW, avec une diversification énergétique prudente.
Néanmoins, un constat s’impose : si les énergies renouvelables gagnent du terrain, les centrales au pétrole et au gaz resteront, pour les prochaines années, un pilier essentiel de la sécurité énergétique arabe.
Dans ce contexte, l’Algérie illustre une approche pragmatique : consolider son socle gazier tout en préparant activement la transition vers un modèle énergétique plus durable.
