À l’occasion du Printemps berbère d’avril 1980, le Front des Forces Socialistes (FFS) réaffirme son attachement à Tamazight comme langue nationale et officielle, et formule des revendications concrètes pour son «ancrage effectif» dans la vie publique en Algérie.
Ainsi et dans un communiqué daté ce 20 avril 2026, commémorant le 46e anniversaire des évènements du Printemps berbère du 20 avril 1980, le FFS reprend la définition de son fondateur historique, feu Hocine Aït Ahmed, où il considérait le Printemps berbère comme étant une « séquence de vitalité nationale » portant les espoirs démocratiques du peuple algérien.
L’algérianité : une identité plurielle et complémentaire
En effet, le parti dirigé par Youcef Aouchiche, indique que le Printemps berbère de 1980 et le Printemps noir de 2001 rappellent que le combat pour Tamazight, dans toutes ses dimensions culturelles et identitaires, ne peut être dissocié d’un projet national, démocratique et rassembleur. «Toute instrumentalisation ou diabolisation de cette cause nourrit les extrémismes et alimente les identités meurtrières», est-il souligné.
En outre, le FFS défend une vision claire : l’unité nationale dans la diversité, la complémentarité et le vivre-ensemble.
La richesse linguistique et culturelle de l’Algérie est un levier de cohésion et de progrès, et non un facteur de division. Cette pluralité, pour laquelle se sont sacrifiées des générations de militants, doit forger l’algérianité — une identité authentique héritière d’une civilisation millénaire, fondée sur l’islam, l’amazighité, l’arabité et l’universalité.
Le FFS, «pionnier» du combat pour Tamazight
Dans la foulée, le FFS rappelle qu’il a été la «première force politique» algérienne à revendiquer la reconnaissance pleine et entière de Tamazight, sans jamais en faire un «instrument électoral» ou un «fonds de commerce politicien».
Selon cette formation politique, le statut de Tamazight comme langue nationale et officielle est un acquis arraché de haute lutte, auquel les «militants du FFS ont largement contribué». Le plus vieux parti d’opposition du pays, estime également qud ce combat se poursuit aujourd’hui sous de nouvelles formes : ancrer concrètement Tamazight dans tous les segments de la vie publique nationale et en faire une réalité culturelle, sociale et économique vécue au quotidien par tous les Algériens.
Les revendications du FFS pour Tamazight
Dans le but de parvenir à replacer le «20 avril» dans toutes ses dimensions, le parti formule quatre exigences fondamentales :
• La généralisation de l’enseignement de Tamazight sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les écoles algériennes à l’étranger.
• Une loi organique ambitieuse garantissant la mise en œuvre effective du statut de langue nationale et officielle de Tamazight.
• L’installation opérationnelle de l’Académie de la langue amazighe, dotée des moyens financiers et humains nécessaires à l’accomplissement de sa mission historique.
• La création d’un grand centre national de traduction arabe-tamazight, pour faciliter la socialisation, l’apprentissage et l’intégration académique des deux langues nationales.
Enfin, pour le FFS, l’ouverture, la démocratie et le respect de la diversité sont les véritables garants de la cohésion nationale. Cette vision s’inscrit dans la continuité des idéaux portés par la Proclamation du 1er novembre 1954 et le Congrès de la Soummam du 20 août 1956.
